• 1Connexion
  • 2Votre profil
  • 3Validation

Sélectionnez votre choix

client

J'ai un compte client

intervenant

J'ai un compte intervenant équin

veterinaire

Vétérinaire agréé
1/3 Payant

clinique

Clinique agréée
1/3 Payant

carnetenligne

Professionnel
non agréé

ou je créé un compte

Email

Mot de passe Mot de passe oublié ?

Email


Créez un compte



Les bases de l'alimentation

  • facebook
  • sommaire
les-bases-de-l-alimentation

Les bases de l'alimentation

2018-06-27 | Prévention, matériel, conseils

Alimenter son cheval c’est lui apporter l’ensemble des nutriments nécessaires pour qu’il puisse entretenir son corps, grandir, mettre au monde un poulain ou bien vous suivre dans vos activités qu’il s’agisse d’une randonnée à la découverte de la nature ou de tutoyer les podiums.

Alimenter un cheval c’est comme construire une maison, il faut de l’énergie, des matériaux et des outils.

Apporter de l’énergie à votre cheval

L’énergie, ce n’est pas seulement le cheval qui est excité. L’énergie en termes nutritionnels, c’est l’essence qui fait tourner le moteur. C’est ce qui va permettre au cheval de bouger, de fabriquer du muscle… de vivre tout simplement. Toute transformation, tout travail exige de l’énergie.

Elle peut être apportée sous trois formes principales :

Les fibres indiquées sur les sacs d’aliments sous le terme de « cellulose brute » et principalement fournies par les fourrages : herbe, foin, enrubanné, paille, luzerne…

Les glucides (amidon et sucres). L’amidon est le constituant majeur des céréales (orge, maïs, avoine, riz). Les sucres se trouvent dans l’herbe ou le foin mais aussi la mélasse parfois ajoutée aux aliments.

Les lipides indiqués sous le terme « matières grasses » proviennent des huiles ou des graines oléagineuses ajoutées comme le lin ou le soja.

Les lipides et les glucides sont dans leur grande majorité digérés au niveau de l’intestin grêle en utilisant des enzymes. La cellulose sera digérée par les microorganismes du gros intestin qui vont la transformer en acides gras volatils ensuite récupérés par le cheval.

Si l’alimentation est riche en glucides et en lipides, le cheval va utiliser davantage le début de son tube digestif et la voie enzymatique. Pour le poulain à la mamelle, c’est normal puisque son gros intestin n’a pas encore eu le temps de se développer. Pour le cheval de course, ce type d’alimentation permet un apport d’énergie important dans un petit volume mais prédispose aux ulcères et aux coliques. Ce n’est donc pas à conseiller pour le cheval de sport ou de loisir.

Une alimentation riche en fourrage contient beaucoup de cellulose brute et privilégie la digestion microbienne du gros intestin. On se rapproche alors davantage de l’alimentation naturelle du cheval adulte. Cela lui procure un bon confort digestif et du bien-être. Sur un cheval en travail léger ou un poney, la totalité des besoins énergétiques peut être généralement être couverte par le fourrage.

Lui donner les matériaux nécessaires pour entretenir son organisme

Un organisme est une machine qui va tourner sans interruption tout au long de la vie. Il doit en permanence respirer, digérer, bouger, faire pousser le poil ou les sabots mais aussi renouveler son tube digestif, consolider les os et les muscles, réparer les blessures et produire tout ce dont il a besoin pour continuer à fonctionner. Ces besoins peuvent devenir très importants comme pour une poulinière qui produit du lait (16 litres par jour pour une jument de 500 kg) ou un poulain qui grandit (un grand KWPN peut prendre plus de 1 kg par jour entre 3 et 6 mois). 

Au-delà de l’apport en énergie, il faut fournir à l’organisme des matériaux, des briques pour construire sa maison. Ce sont :

Les protéines Elles sont partie intégrante des muscles, des organes, des tendons mais aussi ce qu’on sait moins, des os. C’est la base de la vie. Les protéines sont constituées d’acides aminés. L’organisme est capable de synthétiser certains acides aminés à partir d’autres, s’il ne les trouve pas dans l’alimentation. Ces acides aminés ne sont donc pas indispensables. Les acides aminés « indispensables », par contre, ne peuvent pas être synthétisés et la nourriture doit absolument les apporter en quantité suffisante. La lysine est un bon exemple. Une carence en lysine ralentira considérablement la croissance d’un poulain.

Les lipides Ce sont donc à la fois des sources d’énergie et des constituants de l’organisme. Ils sont constitués d’acides gras. Comme pour les acides aminés, certains acides gras ne peuvent pas être synthétisés à partir d’autres. Ce sont les « acides gras essentiels ». Les acides gras sont des constituants majeurs des membranes cellulaires et influent sur l’équilibre de l’ensemble de l’organisme. Un excès ou une carence aura un impact sur le foie, la peau, la reproduction, l’immunité etc.

Les minéraux majeurs comme le calcium, le phosphore, le sodium... On connaît le calcium et le phosphore pour leur rôle dans les os.  Une carence en calcium entraîne une déminéralisation des os et donc leur fragilisation. Mais un excès de calcium favorise notamment les calculs rénaux. Le sodium permet de réguler l’eau dans l’organisme. Sa carence fatigue le cheval et le prédispose à des problèmes musculaires.

À noter que le cheval n’est pas capable de synthétiser les minéraux qui doivent obligatoirement être amenés par l’alimentation en quantité adéquate.  Cela peut se faire par le fourrage, l’aliment ou bien en utilisant des compléments spécifiques. La pierre à sel blanche ou de l’Himalaya n’apporte que du sel et donc du sodium et du chlore. Le cheval la consomme spontanément quand il en a besoin. Pour les autres minéraux, la meilleure solution est d’utiliser des compléments minéraux vitaminés que l’on peut trouver dans le commerce.

Le doter d’outils efficaces

L’équilibre de l’organisme est largement réglé par les hormones et les enzymes. Ce sont les outils de l’organisme. Sans eux, l’organisme tourne mal et on voit apparaître des troubles voire des pathologies graves.

Les vitamines et certains minéraux qu’on appelle les oligo-éléments (oligo parce qu’il en faut peu) sont essentiels pour que l’organisme puisse fonctionner correctement. On connaît bien ces problèmes chez l’homme avec le scorbut (carence en vitamine C), le béribéri (carence en vitamine B1) ou le goitre fréquent autrefois dans certaines régions (carence en iode). Les progrès dans l’alimentation les ont heureusement fait régresser.

Pour le cheval, l’effet d’une carence dépend de l’oligo-élément concerné et de ses multiples actions au sein de l’organisme. Par exemple, le cuivre intervient à plusieurs niveaux : dans la fabrication de la kératine qui est le principal constituant du sabot, dans celle des globules rouges et dans la croissance osseuse. Une carence en cuivre entraînera donc un sabot qui pousse peu et/ou un cheval anémié et/ou un poulain qui a des problèmes osseux.

L’excès n’est d’ailleurs pas meilleur que la carence. Ainsi un manque de sélénium entraîne des problèmes musculaires. Mais un excès peut amener un cheval à perdre son sabot ce qui entraîne souvent son euthanasie.

Chez les chevaux, l’alimentation est largement liée au sol et à la région. L’herbe prélève dans le sol ce dont elle a besoin pour elle et pas forcément ce qu’il faudrait à votre cheval. On observe dans l’herbe et le foin des carences en cuivre (98 % des fourrages français), en zinc (très fréquent), en iode (régions éloignées de la mer) ou en sélénium (en fonction du sol). Mais on peut aussi avoir des excès par exemple en calcium avec certains foins. Le cheval ne peut alors trouver dans l’herbe ou le foin tous les oligo-éléments et les vitamines qu’il faut à son organisme. L’alimentation apportée doit corriger ces déséquilibres naturels.

Pour éviter les carences ou les excès, il faut déjà les identifier. Pour certains minéraux comme le sélénium, cela peut se faire par une prise de sang. Par contre, en cas de carence en calcium, l’organisme puisera sur ses réserves osseuses pour garder un taux de calcium normal dans le sang. On aura donc une prise de sang correcte alors que l’os est en train de se déminéraliser. Seul un bilan nutritionnel permet de voir que le cheval n’a pas assez de calcium avant que les os soit affaiblis au point d’avoir des boiteries voire des fractures.

En conclusion

Alimenter un cheval c’est fournir à l’organisme ce dont il a besoin. Évidemment, les besoins seront différents si vous avez un petit poney shetland qui promène les enfants ou un cheval de débardage, une jument de loisir ou une poulinière, un poulain ou un cheval âgé.

En face de ces différents besoins, vous avez un fourrage (foin, herbe ou enrubanné) qui constitue la base de l’alimentation. La question se pose alors de savoir s’il convient ou non d’apporter un aliment et/ou un complément minéral vitaminé pour que les apports couvrent les besoins. C’est ce qu’on appelle faire un bilan nutritionnel. 

Article rédigé par Catherine Kaeffer - Techniques d'Elevage pour Cavalassur