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L'alimentation du cheval âgé

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L'alimentation du cheval âgé

2018-08-08 | Prévention, matériel, conseils

Alors qu’autrefois, un cheval de 20 ans était considéré comme très vieux, on voit aujourd’hui de sémillants papys de 30 ans. Mais paradoxalement on voit aussi des chevaux qui sont « mis à la retraite » à 10-15 ans. Sort enviable ? Pas forcément.

La base de la longévité en bonne forme des vieux chevaux repose sur le triptyque : environnement stimulant, suivi vétérinaire, bonne alimentation tout au long de la vie.

Un environnement stimulant

Certes, avec l’âge, un cheval a souvent du mal à réaliser des efforts physiques surtout rapides et intenses. Par contre, il sait gérer ses efforts, travailler dans le bon sens et est précieux comme maître d’école.  Un cheval qui a travaillé toute sa vie peut déprimer s’il reste au pré pendant que les autres partent en balade. Un travail léger entretient la forme.

La nécessité de mettre un cheval à la retraite jeune, hors accident, doit interroger sur son alimentation tout au long de sa vie.

Un suivi vétérinaire

Pour le cheval âgé, un suivi vétérinaire est indispensable. Certaines pathologies sont plus à craindre et peuvent avoir un impact sur l’alimentation de votre cheval.

Les tables dentaires deviennent de plus en plus rases jusqu’à ce que le cheval n’arrive plus à manger le foin alors que l’herbe, plus tendre, ne lui pose pas de problème. Le cheval perd alors de l’état en hiver et en reprend au pré. Petit à petit, au fur et à mesure des pertes de dents, la mastication devient de plus en plus difficile. Ceci étant, il faut savoir qu’il est possible d’alimenter correctement un cheval qui n’a plus de dents, même si c’est coûteux.

Si votre cheval fait de l’arthrose, il peut avoir des difficultés à se déplacer et risque de tolérer pendant un moment la faim ou la soif plutôt que de traverser le pré pour aller boire ou manger d’où un risque de déshydratation surtout si les abords des abreuvoirs sont boueux.

Si vous voyez des mélanomes au niveau de la zone anale, il y en a vraisemblablement aussi à l’intérieur de l’intestin. L’alimentation doit alors s’adapter pour que les crottins soient plus mous afin d’éviter un risque de bouchons. C’est notamment possible en utilisant de la pulpe de betterave ou du son.

D’autres pathologies comme la maladie de cushing doivent s’accompagner d’un régime alimentaire particulier.

À noter qu’un suivi particulièrement rigoureux sera nécessaire si le cheval a eu une malnutrition lorsqu’il était poulain même s’il a bien récupéré. Les difficultés alimentaires du début de la vie ont souvent des répercussions néfastes sur la longévité.

Un changement de métabolisme

Avec l’âge, l’organisme détruit plus facilement des tissus et les reconstruit plus difficilement. Une perte d’état suite à une erreur d’alimentation ou une maladie, se remettra plus lentement.

Deux conséquences pratiques :

· Le senior doit recevoir au jour le jour tout ce qu’il lui faut, mais rien que ce qu’il lui faut.
· Un vieux cheval maigre n’est pas normal. Cela résulte soit d’une pathologie, soit d’une alimentation non adaptée à son âge. Évidemment, il aura moins de muscles puisqu’il travaille moins mais son état doit être jugé comme celui de n’importe quel autre cheval : les côtes peuvent être visibles mais en aucun cas, lorsqu’on passe la main dessus, le doigt ne doit « tomber » entre deux côtes. Le poil doit rester correct et l’œil vif.

Comment adapter sa ration lorsque le cheval prend de l’âge ?

Les fourrages

Moins bien mâché donc moins bien attaqué par les enzymes digestives dont la production baisse, le foin progressera moins vite dans le tube digestif. Il faut donc le choisir riche en feuilles et avec des tiges fines pour qu’il soit plus digeste. Le passage à la vapeur est intéressant pour les chevaux emphysémateux mais aussi parce qu’il rend le foin plus souple et plus appétent.

Lorsque les dents ont quasi totalement disparu, les foins broyés en bouchons pourront encore être consommés mouillés et seront des incontournables de l’hiver. Au pré, une attention particulière doit être portée à la présence de plantes indésirables car avec l’amoindrissement du goût et de la vision, les risques d’intoxication augmentent.

La teneur en fibres doit diminuer tout en restant au-dessus de 20 à 25 % de cellulose brute sur l’ensemble fourrage + aliments.

Les repas

Lorsque le cheval vieillit, il n’est souvent plus possible de l’alimenter seulement avec des fourrages.

Le foie fonctionnant moins bien, les glucides sont apportés sous forme de petits repas très digestibles répartis dans la journée pour avoir un apport le plus constant possible.

L’apport d’huile peut permettre d’augmenter les apports énergétiques sans augmenter les apports de sucres. Elle devient la source d’énergie alternative si le cheval est insulino-résistant.

Les aliments succulents comme les carottes, les betteraves ou les céréales germées peuvent relancer un appétit défaillant. Les mashes et les barbotages permettent d’améliorer la digestion et l’abreuvement (le mash est une préparation cuite plusieurs heures alors que le barbotage est juste un ajout d’eau chaude).

La quantité de protéines ne doit pas être augmentée pour éviter un travail supplémentaire du foie et des reins. Par contre, leur qualité et notamment leur teneur en lysine doit être excellente.

En ce qui concerne les minéraux, il convient de couvrir les besoins sans excès, leurs effets bénéfiques ne s’observant qu’aux doses physiologiques. Par contre, on conseille d’avoir un rapport calcium/phosphore un peu plus élevé que chez le cheval adulte, l’absorption du calcium baissant avec l’âge. Les besoins en vitamines sont plus élevés chez le senior.

 

En conclusion, pour bien alimenter un cheval âgé, il faut s’adapter à son évolution et à ses difficultés éventuelles pour lui proposer une ration alimentaire qui couvre ses besoins au plus près : un excès surchargera l’organisme, une carence entraînera une perte d’état ou des problèmes de santé.

Cela demande de l’attention et de la sollicitude de la part du propriétaire pour continuer le plus longtemps possible à profiter de l’expérience et de l’amitié forgées au fil des années. 

 

Article rédigé par Catherine Kaeffer - Techniques d'Elevage pour Cavalassur