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L'alimentation du cheval d'élevage

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L'alimentation du cheval d'élevage

2018-12-05 | Prévention, matériel, conseils

La santé d’un cheval se joue dès la naissance et même avant. Une mère bien alimentée, c’est non seulement une sécurité pour elle mais aussi la promesse de longues années en bonne santé pour le futur cheval. Si la poulinière est mal alimentée, c’est non seulement sa santé qui est en péril mais celle du poulain. Si un poulain ne reçoit pas ce qu’il lui faut, sa croissance ne sera pas correcte et il en pâtira peu ou prou toute sa vie durant.

La poulinière

La poulinière va passer par une gestation de 11 mois suivie d’une lactation de 6 à 18 mois. Ses besoins varient très rapidement au cours du cycle. Ils relativement faibles en gestation, surtout au début et énormes en lactation. Ainsi, les besoins en protéines ou en calcium seront environ multipliés par 3 entre le début de la gestation et le pic de lactation. De ce fait, la jument allaitante est plus exigeante au niveau nutritionnel qu’un cheval de compétition de haut niveau. Dans la pratique, il est nécessaire de faire évoluer la ration mois par mois pour coller à l’évolution des besoins. La ration devra être modérée mais d’excellente qualité lors de la gestation. Par contre, elle devra être très libérale en lactation.

 Certaines erreurs alimentaires toucheront principalement la jument. Un manque de protéines l’obligera à détruire ses muscles pour assurer le développement du poulain et la production du lait. La poulinière compensera les carences en calcium et en phosphore, en puisant sur ses réserves osseuses. Cela affaiblira son squelette, engendrant des déformations et une jument avec un affaissement du dos « en baignoire ». La quantité et composition du lait seront affectées par les carences de la mère. Le poulain d’une mère mal nourrie sera donc mal nourri in utero mais aussi n’aura pas suffisamment de lait de bonne qualité pour avoir une croissance normale. En outre, l’état insuffisant de la mère est une cause fréquente de sevrage précoce du poulain. Le poulain aura donc reçu moins de lait, de moindre qualité et pendant moins longtemps cumulant ainsi les handicaps à un âge primordial pour le développement de son organisme et de son cerveau.

Pour produire son poulain comme pour produire son lait, la jument a proportionnellement plus besoin de protéines que d’énergie. Il lui faudra donc des aliments enrichis en protéines. Ce sont des aliments particuliers appelés aliments Élevage. L’utilisation d’un aliment pour cheval de club par exemple sur une jument en lactation entraînerait inéluctablement des carences protéiques.

 Les principales erreurs alimentaires pendant la gestation consistent en un apport minéral insuffisant et engraissement trop important en période de gestation conduisant à une jument grasse à la mise-bas. Cela engendre des naissances difficiles mais aussi un appétit moins important en début de lactation conduisant paradoxalement souvent à une poulinière maigre au sevrage. Lors de la lactation, on constate souvent une sous-estimation de l’augmentation des besoins en début de lactation et une insuffisance des apports minéraux. Beaucoup de propriétaires donnent une ration constante pendant toute la lactation alors qu’elle devrait évoluer tous les mois pour suivre au plus près la courbe de production laitière.

Le poulain

Dès 4-5 mois, la production laitière de la mère devient insuffisante pour couvrir en totalité les besoins du poulain qui commence à consommer en quantité notable d’autres aliments, souvent dérobés dans la gamelle de la poulinière (pensez à en tenir compte pour éviter toute perte d’état de la mère). Le poulain naît sans flore intestinale. Il ne sera apte à digérer les fibres comme un adulte que vers 18 mois. Cela signifie que pendant toute la première année, il ne peut se contenter de fourrage (foin, herbe…). Tant qu’il n’est pas sevré, le lait de la mère représente un apport d’énergie et de protéines de qualité. Il devra néanmoins être complété par un aliment élevage.

Mais si le sevrage intervient avant 1 an, il convient de pallier l’absence de lait maternel par un aliment spécialement adapté pour les foals. Ce type d’aliment contient de la poudre de lait pour remplacer l’apport de la mère qui dans la nature aurait été prolongé. En effet, le sevrage naturel intervient généralement un peu avant la naissance du poulain suivant et les mères n’ont souvent un poulain qu’un an sur deux.

Tous les poulains arrivant quasiment au poids adulte (mais non pas à la taille adulte) vers l’âge de trois ans, ils doivent grandir d’autant plus vite que leur poids adulte sera élevé. À titre d’exemple sur la période 6-12 mois, un poulain shetland prendra en moyenne 200 g par jour, un poulain pur-sang arabe entre 350 et 600 g par jour, un KWPN entre 500 et 800 g par jour et un cheval de trait peut prendre jusqu’à 1 kg par jour. Les erreurs alimentaires seront donc à la fois plus faciles à faire et plus lourdes de conséquences sur les grands poulains.

La croissance est très exigeante en protéines et en minéraux et finalement proportionnellement moins en énergie. De ce fait, l’alimentation du poulain doit avoir un rapport protéines/énergie d’autant plus élevé que le poulain est jeune. La ration d’un poulain doit donc être revue tous les 6 mois pour suivre sa croissance et la faire évoluer en douceur vers une ration adulte.

 Si la nourriture devient insuffisante, en quantité ou en qualité, les poulains peuvent ralentir voire stopper leur croissance. Lorsque la nourriture redevient abondante, ils grandissent de façon plus rapide et rattrapent leur retard. Cela leur permettait dans la nature de passer la mauvaise saison. Mais si la restriction est trop importante ou qu’elle dure trop longtemps, la croissance sera définitivement altérée et les structures de l’organisme seront touchées. Le risque est d’autant plus grand que le poulain est jeune au moment où cela se produit.

 Du fait de ce mécanisme, on peut avoir une alimentation insuffisante et un poulain qui ne « marque » pas et qui paraît en bonne santé. Le poulain qui reste « mignon » avec des traits juvéniles à un âge où il devrait avoir une physionomie plus proche de l’adulte doit alerter. De même le poulain toujours sage doit faire penser à un poulain qui s’économise (adaptation comportementale). Le poulain à gros ventre mais dont on voit les côtes fait souvent penser à un problème parasitaire. Mais ce peut être aussi un poulain qui a une ration insuffisamment concentrée (il en mange le plus possible pour essayer de couvrir ses besoins) et trop riche en fibres qu’il digère encore mal d’où un volume de l’intestin augmenté.

 Une attention particulière doit être portée à la fin de la croissance entre 6 et 10 ans qui correspond à l’ouverture du poitrail et des hanches. Si l’alimentation notamment minérale pêche pendant cette phase, on aboutira à un adulte étroit de poitrail (moindre capacité pulmonaire donc moins de résistance à l’effort) et au niveau du bassin (moindre poussée des postérieurs, difficultés de mise-bas pour les juments).

 

L’alimentation pendant la phase d’élevage est particulièrement importante et peut s’avérer onéreuse. Mais le bien-être du cheval pendant toute sa vie en dépend.

 

 Article rédigé par Catherine Kaeffer - Techniques d'Elevage pour Cavalassur